| Qu'est-ce qu'une espèce menacée? |
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Pour Carote |
Une « espèce menacée » est une espèce animale ou végétale dont la survie à la surface de notre terre est menacée et qui est donc en voie de disparition. Le concept est assez simple. Le plus difficile est de définir des critères pour détecter une espèce menacée et tenter de prévenir sa disparition complète.
- Critères d’enquête :
- Critères démographiques :
- Population et taille de la population : nombre total d’individus matures uniquement.
- Sous-populations : groupes de la population entre lesquels les échanges (démographiques ou génétiques) sont limités (influence géographique par exemple)
- Critères biologiques :
- Maturité : nombres d’individus en mesure de se reproduire.
- Durée d’une génération : reflet du taux de renouvellement des reproducteurs d’une population.
- Taux de déclin : diminution du nombre d’individus matures ne provenant pas d’ une fluctuation naturelle, ce qui se manifeste par un déclin continu ou des fluctuations extrêmes.
- Critères géographiques :
- Fragmentation de la population : les individus vivent en petites sous-populations isolées.
- Zone d’occurrence : superficie la plus petite englobant tous les sites de présence d’individus.
- Zone d’occupation : superficie réellement occupée par une population dans la zone d’occurrence.
- Localité : zone particulière du point de vue écologique et géographique qui en étant menacée peut affecter les populations présentes.
- Critères quantitatifs et statistiques :
- Les données connues sur d’autres populations ont permis d’élaborer des modèles ; ainsi connaissant les caractéristiques biologiques de l’habitat d’une population ainsi que les menaces qui pèsent sur leur zone d’habitat, il est possible de modéliser la viabilité de la population.
- Organisation des enquêtes :
- L’évaluation des risques est faite dans le monde entier par une communauté d’experts de divers horizons (environ 11000 volontaires répartis dans 160 pays) : ils collectent des données et des informations pour dresser un état des lieux du maximum d’espèces.
- Cette communauté est fédérée au sein de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature) qui regroupe également des organisations gouvernementales (plus de 200) et non gouvernementales (plus de 800 ONG) telles que Ocean Conservancy, WWF, Birdlife International…
- Modes de travail :
- L’ensemble des espèces (animales, végétales..) sont classées dans différentes catégories en fonction de nos connaissances sur chaque espèce. La classification est présentée selon l’organigramme suivant :
- Ces différentes catégories sont assorties de valeurs quantitatives afin d’affiner l’évaluation de l’importance du risque.
- Le mécanisme de l’extinction des espèces :
- Au fur et à mesure qu’une population est menacée, le nombre de ses individus diminue, ce qui entraîne un phénomène irréversible : le manque de diversité génétique. Plus le nombre d’animaux diminue, plus les problèmes de consanguinité augmentent conduisant à l’extinction d’une espèce : c’est le cas des tigres et des guépards.
- Conclusions actuelles sur les dangers qui menacent les espèces vivantes :
- Vous connaissez sûrement l’expression « l’homme est un loup pour l’homme », eh bien vous connaissez la cause du malheur de toutes des espèces : c’est moi, c’est vous, c’est nous, c’est l’homme !
- Notre mode de vie, le nombre d’habitants sur la terre impacte gravement l’équilibre de notre belle planète, la biodiversité naturelle. Afin de réfléchir à l’action négative des hommes sur la nature, il est possible de distinguer au moins 4 facteurs qui constituent une menace pour une espèce :
- Destruction de l’habitat naturel des espèces pour les besoins de l’activité humaine (aménagement de l’espace pour la culture, pour l’exploitation des sources d’énergie, pour le développement de l’activité économique…).
Ci- dessous quelques exemples d’actions humaines qui illustrent ce thème:
- L’urbanisation, qui réduit les espaces naturels et bétonne le sol.
- Le déboisement des forêts (ex : la forêt Amazonienne).
- La construction des autoroutes : une autoroute est une barrière physique au déplacement des animaux, notamment des petites espèces. (N.B.: De nos jours on construit les autoroutes en incluant dans leurs fondations des tunnels qui doivent permettre la migration et le passage des petit animaux. )
- la construction des barrages : perte d’habitat et mort des petits animaux (Exemple récent et saisissant : la construction du Barrage des Trois Gorges en Chine avec l’ennoiement de toute une région).
- L’assèchement des marais: disparition des plantes.
- L’utilisation de désherbants et de pesticides pour préserver les cultures de l’invasion des « mauvaises » herbes et de l’action des insectes : les abeilles et les oiseaux en subissent le contrecoup.
- Les échanges commerciaux :
- Chasse: éléphants pour l’ivoire, baleines pour l’huile et la viande, les bébés phoques pour leur peau, les félins…
- La pèche intensive
- Exploitation forestière des « essences » (autre nom pour les bois précieux) d’Indonésie, d’Afrique.
- Trafic d’espèces rares (la convention de Washington protège les animaux de ces trafics par des sanctions contre les contrevenants.)
- Introduction de nouvelles espèces
- On n’y pense pas assez souvent, mais il y a dans chaque région du monde un équilibre entre les espèces : la population des prédateurs va décroître lorsqu’ils seront trop nombreux et que les proies seront en nombre insuffisant. Cette décroissance, va permettre à la population des proies de proliférer à nouveau. Au bout de quelques temps, les prédateurs vont alors retrouver à manger et vont recommencer à proliférer. C’est le cycle de la vie.
- Mais lorsqu’un animal par exemple est introduit dans une région où il va trouver de la nourriture mais aucun prédateur, il va pulluler et devenir nuisible pour les autres espèces. Voici plusieurs exemples :
- La disparition des loups conduit à la non-régulation des cervidés, des sangliers.
- L’introduction des lapins en Australie, en Nouvelle-Zélande.
- La prolifération des rats en Jamaïque et les moyens désatreux qui ont suivi pour tenter de les erradiquer à lire ici
- L’algue rouge en méditerranée
- Les actions polluantes :
- Exploitation minière : rejet dans les cours d’eau et lorsque ces exploitations sont sauvages leur impact est d’autant plus important : les chercheurs d’or en Amazonie polluent les cours d’eau par le mercure dont ils se servent pour l’extraction du précieux minerai.
- actions volontaires pour éviter le coût du retraitement des déchets (cours d’eau pollués entraînant la mort de milliers de poissons, nappes de pétrole en pleine mer)
- Accidents (marées noires).
- Bilan actuel des espèces menacées
Ci-dessous un tableau issus de la liste rouge de l'UICN dénombrant le nombre d'espèces menacées en l'an 2000 et 2008.
| Année | Vertébrés | Invertébrés | Plantes |
| 2000 | 3507 | 1928 | 5611 |
| 2008 | 5966 | 2496 | 8457 |
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- Il faut garder à l’esprit que toutes les espèces vivant sur terre n’ont pas encore été découvertes ni inventoriées ; elles peuvent très bien être en voie de disparition sans que nous le sachions !! Ainsi, sur environ 1.642.189 espèces décrites (on estime qu’il y a entre 5 et 30 million d’espèces), on possède des données suffisantes pour réaliser une estimation du péril pour seulement 44.838. Les espèces en danger représentent 38% de la totalité des espèces qui ont été étudiées en détail.
- Par rapport au début du 20ème siècle on estime que près d’un million d’espèces de plantes et d’animaux ont disparu. En 2008, sur les 5966 espèces menacées, 1141 sont des mammifères, 1222 des oiseaux, 423 des reptiles, 1905 des amphibiens et 1275 des poissons.
- Le programme d'étude STOC a pour but le recencement des oiseaux sur le territoire Français grâce au travail de plus d'un millier d'ornithologues bénévoles répartis sur l'ensemble du pays. Ce travail a permis de mettre en évidence que sur 20 ans, la diminution, toute espèce confondue, s'élève à 10% des oiseaux communs, les plus touchés étant les espèces urbaines (20%), les espèces agricoles (20%) et les espèces forestières (10%). De plus, en raison du réchauffement climatique, un déplacement global des population de 100 km vers le nord a été observé! D'ailleurs, 6 espèces ont été classées vulnérables sur la liste rouge de l'UICN en raison de leur déclin entre 2001 et 2008 : le tarrier des prés (- 76%), la linote mélodieuse (-71%), le pipit farlouse (-65%), le puillot siffleur (-65%) le bouvreuil pivoine (63%) et le gobemouche gris (-57%). Pour en savoir plus sur le programme STOC:cliquer ici
- Vous retrouverez une liste des espèces disparues ou menacées sur le site kidplanete.
- Conclusion
- Il faut donc, dans notre vie de tous les jours rester vigilants, protéger la nature et avoir le moins d’impact possible sur l’ environnement. Il faut sauver notre planète pour nos enfants, nos petits-enfants.
- La préservation ou la protection des espèces peuvent parfois inverser la tendance. Ainsi en 2008 la baleine à bosse a été déclassée de vulnérable à « préoccupation mineure » selon l’UICN et en début de cette année (2009) c’est au tour de la baleine boréale d’être en voie de rétablissement…. Tout ça bien sûr si le réchauffement climatique (réchauffement de l’eau) ne met pas à mal tous les efforts !
- Vous pouvez participer comme observateur à l’action en faveur des papillons de « Noé-Conservation », Observatoire des papillons de jardin
Fiche écrite en octobre 2009.